samedi 31 mai 2008

Mercerdi soir de l'Histoire Juive : fin de la deuxième série

Quatrième et dernier épisode de "Comme un juif en France." De la guerre des six jours à la vague d'évènements antisémites consécutifs à l'intifada de 2002, une période clé pour comprendre le mal-être ou le bien-être des juifs de France. Avec une question évidente : "Et maintenant,..."
Projection+débat, ce mercredi à 20h30.

vendredi 23 mai 2008

Rabbi Shimon disait...

En marge du Zohar et des multiples interventions halakhiques dans le Talmud, voici quelques célèbres citations de Rabbi Shimon Bar Yohaï . A méditer sans modération…



D. a offert à Israël trois cadeaux, mais tous l’ont été à travers des souffrances : la Torah, la terre d’Israël et le monde futur.
(Berakhot 5a)

On ne tente pas d’apaiser un homme en colère.
(Ibid 7b)

Il vaut mieux se jeter dans une fournaise ardente plutôt que d’humilier autrui en public.
(Ibid 43b)

Vois comme Israël est aimé de D. partout où il est exilé la présence divine l’est avec lui.
(Méguila 97a)

Lorsqu’on rappelle dans ce monde-ci l’enseignement d’un maître, ses lèvres frémissent dans sa tombe.
(Yévamot 97a)

Si un homme, parfait mécréant toute sa vie fait téchouva au dernier instant, on ne lui rappelle rien de sa méchanceté.
(Kiddouchine 40b)

Il existe trois couronnes : celle de la Torah, celle de la royauté et celle de la prêtrise. Mais la couronne d’une bonne renommée les surpasse.
(Avot ch.4)

Tel est le châtiment du menteur : même lorsqu’il dit vrai, on ne l’écoute pas.
(Avot de Rabbi Nathane Ch.30)

Si tu vois des villes d’Israël défaites, dis-toi qu’elles ne s’étaient pas préoccupées du salaire des maîtres d’école.
(Yerouchalmi H’aguiga81,7)

Une fois le Chabbat s’est plaint à D. « Tout le monde, sauf moi, a son alter ego ! »D. de lui répondre : « La communauté d’Israël sera ton conjoint. »
(Berechit Rabba 11,8)

Un jour, je me suis dit : « Si j’avais été au Sinaï lorsque la Torah fut donnée à Israël, j’aurais réclamé à D. que l’homme eut deux bouches : l’une pour étudier cette Torah, l’autre pour le reste. » Puis je me suis ravisé : déjà avec une seule bouche le monde ne tient plus devant la médisance de l’homme ; qu’adviendrait-il s’il en avait deux ? !
(Yerouchlmi Berakhot 81,7)

Rabbi Shimon bar Yoh'aï : pourquoi une Hilloula ?

« Aujourd’hui, cela fait trente-trois jours du Omer... »

Dans l’échelle de progression qui relie la sortie d’Egypte au don de la Thora, le 33ème jour a une tonalité dissonante.

Lag Baomer est décrété jour de fête, en résumé, pour deux raisons :

1. C’est le jour où, selon les Guéonim, les élèves de Rabbi Akiba ont cessé de mourir. Depuis Pessah’, vingt-quatre mille d’entre eux avaient succombé à une terrible épidémie. (Selon d’autres, le 33ème jour du Omer est une parenthèse et l’allègement du deuil ce jour rappelle simplement que l’épidémie n’a durée que 32 jours en tout.)

2. C’est le jour de la disparition de Rabbi Shimon Bar Yohaï, grand maître de la Michna et auteur du Zohar, évoluant aux heures les plus sombres de l’occupation romaine au IIème siècle. Pour le commémorer, une voix céleste suggéra que cette date soit à jamais une « Hilloula », joyeuse et puissante célébration.

A priori, ces deux évènements n’ont aucun lien évident entre eux. Mais, surtout, d’aucuns seront choqués de ce que la mort de Rabbi Shimon donne lieu à ce genre de festivités, quand le Choulkhan Aroukh multiplie les invitations à jeûner les jours où des personnages clés de l’histoire juive ou de l’enseignement de la Thora ont quitté ce monde. Comment comprendre qu’une fête se substitue à un deuil ?

On se souvient que Rabbi Shimon Bar Yohaï était élève de Rabbi Akiba. Mais on oublie à quel point cette transmission s’est établie dans des conditions particulières.

Le Talmud (Yevamot 62b) raconte : « Les élèves de Rabbi Akiba sont morts foudroyés par la maladie parce qu’ils ne se comportaient pas respectueusement les uns vis à vis des autres. » Terrible sanction ! D’autant que Rabbi Akiba avait fait de l’amour du prochain son enseignement phare. Pour des raisons qui nous échappent, le respect des élèves pour leurs condisciples était à leurs yeux un luxe que l’empressement à connaître la vérité ne permettait pas. Plus tard, Rabbi Akiba formera d’autres élèves réduits au nombre de cinq (sept selon le Midrach) et Rabbi Shimon Bar Yohaï sera effectivement l’un d’entre eux.
Mais avant même d’entreprendre leur formation le maître prévient (Kohelet Rabba 11,5) :

« Les premiers ont succombé parce qu’ils ne supportaient pas le succès de leurs condisciples dans la Thora. Ne soyez pas comme eux ! »

Imaginez Rabbi Akiba encore affligé par la mort de ses meilleurs disciples et suppliant ces nouveaux héritiers spirituels de tirer leçon de cette tragédie. Ne pas oublier. Intégrer au plus profond de soi le tragique d’une histoire enfermée dans un passé qui s’éloigne. La douleur du maître suffira-t-elle à ouvrir le cœur de la nouvelle génération ? La survie de la fidélité à la Torah en dépend ! Le message est-il passé ? Comment le savoir ?

Au jour de sa mort, raconte le Zohar, le soleil ne voulut pas se coucher tant que Rabbi Shimon n’avait pas achevé de révéler à ses élèves les secrets de la Torah. Ce jour-là fut plus long que les autres. Ce jour d’ensoleillement miraculeux, c’était le signe qu’on attendait plus. A ce titre au moins, il méritait d’être une fête pleine de lumière. Devant la Torah, le temps a du patienter.

La Torah de Rabbi Shimon était une Torah de vérité, non un point de vue qui s’impose par la force, au besoin par le dénigrement. A ceux qui n’ont pas su faire avec la « Mah’loket », à ceux qui craignaient de disparaître à l’instar de tout ce que l’histoire des idées et des écrits compte de minoritaires, de marginaux voire de subversifs, le signe du jour de la disparition de Rabbi Shimon répond ceci : on ne dure pas par la force, mais par la vérité. Rapprochez-vous de la vérité de la Torah, seule qui compte, et même les éléments reculeront devant vous. Le mot juste plutôt que le dernier mot.

Toute la transition est là, des vingt-quatre mille à la Hilloula. Les deux piliers historiques de Lag Baomer supportent un même édifice et c’est au nom de ce lien que nous nous réjouissons. A nous d’en saisir les brûlants messages.

Le premier d’entre eux s’entend en notre qualité de passeur. On peut lire et relire la Torah de bout en bout, écouter les plus grands de ce monde nous faire la morale, vivre les expériences les plus bouleversantes… Mais au final, sur des millions de mots lus ou entendus combien sont vraiment entrés dans notre cœur ? Parmi les joies et les deuils, lesquels ont durablement changé notre vie ? De l’esprit au cœur, du cœur à l’action, quel passeur sommes-nous ?

Le second tient à l’autocritique jamais aboutie depuis la destruction du second temple. La haine vouée gratuitement à l’autre, à celui, inconnu, qui n’est pas du même clan, donnerait-elle encore sa teneur au débat d’idée ? Saurons-nous un jour faire de la Mah’loket une vraie quête de vérité et non un affrontement politicien ? Serons-nous assez fort pour ne pas avoir peur ?
Le temps presse. Demain, cela fera trente-quatre jours du Omer…

Rabbin Nissim-Nathan Sultan, année 5761.

Lag Baomer : histoire et célébration

Défilé de Lag Baomer à Sarcelles

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jeudi 22 mai 2008

Lag Baomer à Villiers























Festivités de Lag Baomer à la synagogue de Villiers-le-Bel ce dimanche à partir de 20h, avec au programme :

  • Allumage et Bérakhot en live
  • Divrei Torah
  • Grande Tombola et vente de bougies
  • Buffet
  • Animation musicale par notre fidèle ami David Mékies

Point très important : l'entrée est gratuite !

mercredi 21 mai 2008

Mercredis de l'Histoire Juive : enfin la reprise !

Pauvre de nous ! Les lendemains de Pessah' furent un déluge d'obligations et notre cher blog bien aimé s'en est trouvé quelque peu délaissé... Mais, c'est reparti pour la nouvelle saison.

"Juif en France de l'après-guerre"

Les Mercredis de l'Histoire Juive reprennent dès du service ce soir 20h30 , avec le 3è épisode de "Comme un juif en France": de l'immédiate après-guerre, avec le retour des camps et la réinsertion silencieuse d'un communauté meurtrie, aux années de la décolonisation avec l'arrivée des juifs de la méditerranée.

Notre exposé consécutif à la projection tentera de rendre compte du renouveau du judaïsme français sous toutes ses coutures.